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Les mondes du Facility Management et des Espaces de travail sont, par définition, très mobiles et évolutifs.

Vous trouverez sur ces pages des articles techniques, des nouveautés, des bilans de participations à des congrès et conférences auxquels Spaceonmove a participé ainsi que des prises de position ou “billets d’humeur” qui devraient pouvoir vous donner un éclairage particulier dans ces deux domaines. Bonne lecture.

Banques : se différencier oui mais comment…

Le secteur de la finance et des banques a toujours évolué au rythme des changements économiques, des transformations du marché et des attentes de la clientèle. Jusqu’ici, cette adaptation s’est faite avec cohérence et constance. Toutefois, l’essor de l’intelligence artificielle, combiné à l’évolution des exigences des clients, est en passe de bouleverser profondément l’industrie bancaire.

Reconnaissons-le : la plupart des établissements bancaires proposent aujourd’hui des services et des produits très similaires, à des tarifs finalement proches. Cette homogénéité s’explique certes par les attentes des clients, mais surtout par un cadre réglementaire et des exigences de gouvernance de plus en plus stricts.

La véritable différenciation se joue — et se jouera encore davantage — dans la qualité du conseil et de la relation client. Mais comment se distinguer dans un contexte où toutes les banques doivent redoubler d’efforts ? Le marketing et la publicité ont leurs limites : trop sollicités, les clients saturent rapidement. Offrir des « expériences client » exclusives peut séduire un temps, mais là encore, on atteint vite un plafond, parfois au risque de frôler les limites de la déontologie.

Soyons honnêtes : les « petits clients » ne permettent pas toujours de rentabiliser les opérations. Ce sont généralement les patrimoines les plus importants qui assurent l’équilibre économique des banques, notamment pour les établissements dits « commerciaux ».

Pour les banques privées ou les segments Ultra High Net Worth, la difficulté est d’un autre ordre : ces clients disposent, par définition, de tout ce qu’ils peuvent désirer. Comment les fidéliser ? On peut organiser des événements exclusifs, proposer des voyages thématiques aux quatre coins de l’Europe, séduire les jeunes héritiers avec des expériences dignes des meilleurs influenceurs de TikTok… mais tôt ou tard, le banquier touche à ses limites. Alors, que reste-t-il ?

Trouver une recette durablement efficace pour une clientèle souvent blasée, habituée à tout et ayant tout vu, relève presque de l’exploit. Il ne subsiste que le conseil et la relation personnalisée entre le client et son banquier. Mais cette relation, parfois proche de l’amitié, suffit-elle réellement à fidéliser ? Et surtout, à quel prix ?

La peur de perdre un client conduit certains établissements à choyer non seulement leurs clients, mais aussi leurs banquiers, parfois au risque de dérives. Cela peut encourager des comportements déconnectés, voire méprisants, à l’égard des équipes support qui en subissent les conséquences.

Par ailleurs, les clients autrefois fidèles deviennent plus volatils. Ils diversifient leurs avoirs, ouvrent des family offices privés, comparent les prestations et n’hésitent plus à changer d’établissement lorsque les attentes ne sont pas satisfaites.

Cette course en avant est-elle réellement durable, et surtout financièrement tenable, même pour les banques les plus solides ? La différenciation reste certes essentielle dans la stratégie des établissements, mais lorsque tout se joue dans des détails de plus en plus coûteux, la situation finit par devenir intenable. Il est probable que cette dynamique accélère la consolidation du secteur, avec l’absorption ou la disparition progressive des acteurs les plus fragiles.

Bill Gates ne déclarait-il pas déjà, à la fin des années 1990 : « Banking is essential, banks are not » ?

Je compatis sincèrement avec mes collègues du secteur, tout en leur souhaitant de trouver les ressources pour se réinventer et continuer à se démarquer avec succès.

Bonne lecture, et à bientôt.

Billets récents

  • Ne jamais oublier d’où l’on vient et à qui l’on doit son succès…

    Dans nos sociétés modernes, il est fréquent d’entendre certains affirmer s’être « faits tout seuls ». Pourtant, dans la réalité professionnelle comme personnelle, rares sont ceux qui ont bâti leur parcours sans l’appui d’un manager, d’un mentor, d’un investisseur, d’un collègue… ou même d’un proche.

    L’ambition est une force lorsqu’elle nous pousse à nous dépasser. Mais elle devient stérile quand elle s’accompagne d’un déni de reconnaissance envers celles et ceux qui nous ont soutenus.

    Le monde de l’entreprise est un formidable terrain de jeu, mais il repose sur des règles, des codes et surtout sur des relations humaines. Le succès durable se construit presque toujours en équipe, rarement seul.

    Derrière chaque carrière, il y a des personnes bienveillantes qui ont cru en nous, nous ont encouragés et ont parfois ouvert des portes décisives. Reconnaître leur rôle ne diminue pas notre mérite : cela le grandit.

    “L’ambition, c’est comme des échasses : elle élève l’homme, mais ne le grandit jamais.”

  • Les prestations Facility Management (FM) seront impactés par l’IA

    Le FM n’échappera pas à la vague IA.

    Les tâches de surveillance, planification, diagnostic… seront automatisées.

    Les équipes internes ? Doivent se réinventer — ou risquent d’être dépassées. Les questions urgentes à se poser aujourd’hui :

    • Quelles activités seront remplacées par l’IA dans les 2 à 5 ans ? • Faut-il internaliser… ou externaliser avec un prestataire “full service” ? • Investir dans BIM/BMS + IA ? Former les équipes maintenant ? • Et surtout : si vous n’êtes pas à la table, vous serez au menu.

    Le temps joue contre ceux qui attendent. La fenêtre d’opportunité se referme vite. Dans un autre contexte, le Premier Ministre Canadien a exprimé à Davos : « si l’on n’est pas à table, on sera au menu » : cela s’applique également à l’IA.

    Le FM reste un domaine stratégique — mais il exige désormais une agilité radicale.

  • L’IA va-t-elle tuer les espaces de travail ?

    L’intelligence artificielle va-t-elle bouleverser nos espaces de travail ?

    Plus qu’une évolution, c’est une révolution silencieuse qui s’annonce. Les bureaux tels que nous les connaissons vont être profondément repensés : surfaces modulables, espaces partagés entre humains et serveurs IA, nouveaux rythmes et nouvelles fonctions.

    L’IA ne remplace pas encore l’humain, mais elle le relègue à un rôle différent, ce qui change tout dans la manière d’organiser nos lieux de travail. Le marché immobilier tertiaire, lui aussi, devra se réinventer pour suivre cette transformation fulgurante.

    Anticiper plutôt que subir : voilà le véritable enjeu. Nos entreprises et décideurs doivent dès maintenant planifier cette mutation… avant que le nouveau monde du travail ne s’impose à eux.

  • La sophistication, ennemie de l’efficacité managériale

    J’ai compris que la complexité ne faisait pas la performance. Dans certaines entreprises, on croit qu’une organisation compliquée est le signe d’une bonne gestion. Des comités pour tout, des validations à plusieurs étages, des procédures à rallonge… Et au bout du compte ? Des équipes fatiguées, du temps perdu, et une efficacité en berne. Je me souviens d’un dirigeant qui se vantait d’avoir “tout sous contrôle”. Mais plus il contrôlait, moins les choses avançaient. Les collaborateurs n’osaient plus décider. Les projets s’enlisaient. Il ne voyait pas qu’en complexifiant, il étouffait la créativité et la responsabilité. La vraie maîtrise, c’est la simplicité. Les organisations les plus performantes que j’ai connues étaient étonnamment calmes. Pas de chaos, pas de micro-management. Juste des équipes autonomes, un cadre clair, et une direction qui fait confiance. Simplifier, ce n’est pas perdre du pouvoir. C’est donner de la puissance à l’intelligence collective. Alors, posons-nous la question : “Où puis-je simplifier aujourd’hui pour rendre mon équipe plus efficace ?” Parce qu’au fond, le vrai leadership ne se mesure pas à la complexité qu’on crée, mais à la clarté qu’on inspire.

  • Un mot en ce début d’année marqué par la tragédie de Crans-Montana

    Ce 1er janvier, la Suisse a été frappée par une tragédie. En ce moment de deuil, les messages portant sur les techniques, les projets futurs, les réflexions sur le travail… n’ont pas leur place. Seule compte l’empathie.

    Nos pensées vont aux victimes, à leurs proches, à tous ceux touchés directement ou indirectement — dont beaucoup d’entre nous. Merci aux primo-intervenants, aux secouristes, à tous ceux qui ont agi avec courage et solidarité. L’indulgence en matière de sécurité n’a jamais été tolérable. Ce drame le confirme, honteusement. La technique existe. Les connaissances aussi. Les solutions sont éprouvées. Alors, pourquoi ?

    Le temps de la justice viendra. Mais déjà, une colère légitime monte : comment un tel événement a-t-il pu se produire dans un pays réputé pour sa rigueur, sa fiabilité, son respect des règles ?

    Nous devons, avec tact mais détermination, reconstruire un avenir plus sûr — pour cette génération meurtrie. Imposer, investir, contrôler, sanctionner. Pas suggérer. Pas déléguer. Pas avertir.

    L’être humain avance, même quand quelque chose se brise en lui. Mais ce bris doit nous pousser à agir — concrètement, sans compromis.

    Aux autorités, aux entreprises, aux concepteurs, aux responsables de sécurité : le temps des améliorations concrètes est maintenant. Et le contrôle, encore et encore.

  • Vous prendrez bien un peu de positivité et d’optimisme

    Malgré les défis géopolitiques, économiques et sociaux qui marquent notre époque, garder un peu d’optimisme n’est pas un luxe — c’est un acte citoyen, une forme de courtoisie envers soi et les autres. Les médias amplifient souvent l’anxiété. Mais il existe aussi des acteurs discrets, bienveillants, qui avancent sans chercher la lumière. Reconnaître cela, c’est aussi se rappeler que nous ne sommes pas seuls face aux défis — et que nous aurons besoin les uns des autres en 2026. Le sens critique est essentiel. Mais il ne doit pas dégénérer en négativisme stérile. Savoir doser le ton, choisir les mots, c’est aussi une forme d’intelligence émotionnelle — et parfois, d’humour bienveillant. En Suisse, la majorité d’entre nous bénéficie encore de conditions de vie stables. Un privilège à reconnaître — sans complaisance — et à transformer en énergie positive pour l’année à venir. 2026 ne sera peut-être pas plus facile… mais elle sera ce que nous en ferons — ensemble. Bonne fin d’année à tous. Que 2026 vous apporte paix, projets et résilience.

  • De vieilles recettes dans le monde de l’IA…

    Certaines vieilles recettes traversent le temps, en cuisine comme en management. Elles nous rappellent que l’essentiel reste souvent le même : l’humain. L’IA, les nouvelles technologies et les bouleversements structurels transforment notre manière de travailler. Ce que nous pensions acquis disparaît rapidement, et il nous faut repenser nos méthodes, nos équipes, nos espaces et nos relations avec une clientèle de plus en plus mobile. Pourtant, certaines « vieilles recettes » de management restent d’actualité… à condition de les adapter aux réalités d’aujourd’hui. Elles demandent expérience, doigté et abnégation, mais elles permettent de maintenir cohésion, engagement et performance. La nouvelle génération entre dans un monde où les codes diffèrent profondément de ceux de leurs parents. Ils devront s’adapter vite, trouver leur voie et construire leur propre équilibre. Et nous avons confiance qu’ils y parviendront. Le relationnel, l’écoute, la collaboration… ces fondamentaux restent au cœur de toute réussite. Même dans un monde ultra-technologique, l’humain ne disparaît pas : il demeure la clé. En cette fin d’année, souhaitons-nous de conjuguer innovation et sagesse, modernité et humanité pour 2026.

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